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Zazou

Le Vendredi 14 novembre 2003 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Opéra Comique - Salle Favart - 5, rue Favart 75002 Paris - Entrée du public place Boiëldieu - Métro Richelieu Drouot ou Quatre Septembre - RER Auber
Dates : du 14 novembre 2003 au 11 janvier 2004
Horaires : du mardi au samedi à 20h00, matinée le dimanche à 15h00
Tarifs : 1re : 37 euros, 2e : 29 euros, 3e : 19 euros, 4e : 12 euros, 5e : 7 euros, Carré d?or 50 euros (6 tables de 4 places au 1er rang d?orchestre avec une bouteille de champagne par table)
Informations supplémentaires : sur place ou par téléphone (0 825 00 00 58 (0,15 ?/mn)) du lundi au samedi de 9h00 à 21h00, le dimanche de 11h00 à 19h00, FNAC, France Billet, Carrefour, Ticketnet, agences

Une histoire d’amour sous l’Occupation
Comédie musicale écrite et mise en scène par Jérôme Savary
sur des chansons des années 40 et 50

direction musicale Gérard Daguerre
costumes Michel Dussarrat
lumière Alain Poisson
son Olivier « Aldo » Pedron
chorégraphie Jean Moussy
réalisée par Laurence Roussarie
collaboration artistique Léonidas Strapatsakis
assistant à la mise en scène Olivier Podesta
assistante costumes Evelyne Heftre

Zazou : Nina Savary
Jean : Alexandre Bonstein
Raymond : Jérôme Savary
Simone : Mona Heftre
Boris : Hervé Pauchon
Le G.I. : Allen Hoïst
Romuald : Antonin Maurel
Petit-Louis : Laurent Delvert
L’oncle Léon : François Borysse
Astrid : Cécile Haas
Zazie : Alexandra Sarramona
La Jeune fille du Pam-Pam : Caroline Cottier
Gros Bernard : Jean-Luc Geoffroy
La petite fille (en alternance) : Louise Boiron, Lucie Bourdeu, Margot Lecoursonnais, Léa Rodier

Danseurs : Michel Casajus, Laurent Côme, Leslie Dzierla, Sarah Filc, Serge Le Borgne, Amélie Munier

Musiciens : Gérard Daguerre (piano), Christian Orante (batterie), Bernard Teissier (basse), Didier Sutton (percussions), Antoine Russo (1re trompette), Michel Bos (2e trompette), Gérard Niobey (guitare), Michael Joussein (1er trombone), Jean-Luc Pagni (2e trombone, banjo, flute), Stéphane Chausse (saxo ténor, clarinette), Pierre Blanchard (violon), Allen Hoïst (saxo alto).

Monté il y maintenant treize ans au Théâtre de Chaillot, Zazou revient en grande forme sur la scène de l’Opéra Comique, avec une troupe en grande partie renouvelée. Nina Savary et Alexandre Bonstein mènent cette fois la danse et le spectacle est une réussite. Il faut dire que dans le contexte actuel, une comédie musicale avec un orchestre live, un climat savamment dramatique, une alternance parfaitement équilibrée entre chansons et dialogues, une troupe constituée de vrais comédiens-chanteurs et le tout en français dans un théâtre à l’italienne, ça tient quasiment du prodige. Après avoir vu Notre Dame de Paris, Les Dix Commandements ou Roméo et Juliette, on serait presque prêts à donner notre assentiment les yeux fermés.

Nous sommes en 1942. Alors que la France a capitulé devant l’Allemagne, Marie, la fille d’un commissaire de police, tombe sous le charme de Jean, l’égérie d’un groupe de zazous, sorte de hippies des années 40 imprégnés du swing américain. Une seule nuit d’amour et la jeune fille se retrouve enceinte. Mais Jean est envoyé en Allemagne. Marie l’attendra jusqu’à la fin. En pointillés, on assiste au passage d’une guerre à l’autre (la seconde guerre mondiale et la guerre d’Indochine), aux méfaits de la délation, à l’antisémitisme grandissant, et à l’évolution culturelle et musicale d’une ville (Paris), qui voit les jeunes zazous se transformer en rats de cave de Saint-Germain des Près. La première surprise, c’est que ce spectacle qui démarre sur les chapeaux de roues avec un rythme endiablé s’oriente rapidement et sans retour vers le drame. Alors, les numéros musicaux, impeccablement réglés mais pas spécialement inventifs, ont tout à coup une valeur nostalgique qui nous touche profondément. Par ailleurs, les chansons, toutes des standards des années 40 et 50, sont intégrées à l’histoire de façon très juste. Le contexte dans lequel elles interviennent nous permet de les redécouvrir et, parfois, elles semblent même avoir été écrites pour l’occasion. Enfin, la distribution est impeccable. La troupe de danseurs est énergique et on est ému par chaque apparition de Mona Heftre dans le rôle de la mère de Marie. Alexandre Bonstein qui interprète Jean est, comme toujours, excellent. Quand à Nina Savary, très juste dans les séquences parlées même si elle ne possède pas le bagage de comédienne de Maria de Medeiros, créatrice du rôle à Chaillot, elle irradie littéralement à chacune de ses interventions chantées. Son interprétation du tube de Boris Vian immortalisé par Magali Noël,  » Fais-moi mal Johnny « , est LE grand moment du spectacle et on est bouleversé lorsqu’elle entonne le fameux  » Il n’y a pas d’amour heureux « .

Alors, oui, la mise en scène de Savary est, parfois, un peu pépère, et oui, son intervention finale, après les saluts est loin d’être indispensable. Tout remarquable show-man qu’il est, sa façon de tirer à boulets rouges sur la concurrence manque singulièrement d’élégance. Mais qu’importe, on a de toutes façons passé une excellente soirée.

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