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Moby Dick (Critique)

Le dimanche 27 mars 2011 à 11 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Vingtième Théâtre - 7 rue des Plâtrières - Paris - M° Ménilmontant.
Dates : Du 09 mars 2011 au 24 avril 2011.
Horaires : Du mercredi au samedi à 19h30. Le dimanche à 15h.
Tarifs : De 12 à 24 €.

De Jonathan Kerr.
Mise en scène de Erwan Daouphars.
Avec Amala Landré, Laurent Malot, Jonathan Kerr.

Résumé : Tel un matador qui se prépare à entrer dans l’arène, le capitaine Achab attend dans sa cabine le moment d’affronter Moby Dick. Sur des airs de parade, harpe, accordéon et violoncelle lui offrent sa dernière danse.

Bienvenue à bord du Péquod ! Le capitaine vous embarque dans sa plus belle épopée… mais aussi la plus sombre. Il va défier son passé, la mort et son équipage pour affronter dans un ultime corps à corps la baleine légendaire. C’est à une fête grandiose que vous êtes conviés, mais que les chants soient guerriers, féériques ou hypnotiques, sachez que personne ne sortira indemne du voyage…

Notre avis : Jonathan Kerr aime les défis. Après Camille C, il s’attaque au roman de Herman Melville en choisissant de s’intéresser au hors champ d’une relation passionnelle et fatale entre le capitaine Achab et la célèbre baleine. Le romancier est personnifié sous la forme d’un narrateur ainsi qu’une mystérieuse « Andalouse », symbole du destin, sorte de psyché mortelle, qui dialogue avec le capitaine. D’emblée la formation musicale, plutôt inattendue, séduit. Le trio des comédiens chanteurs ne démérite pas. L’obsession d’Achab donne une dimension tragique et sombre à un spectacle pour le moins ambitieux, tourné vers l’intériorisation (non : vous ne verrez pas une baleine sur la scène du XXème théâtre ! En revanche il est facile de deviner sa présence). La confrontation entre Achab et Ismaël, le marin qui tente de maintenir un cap face à cet homme déraisonnable, offre de belles scènes, tant chantées que jouées. La très charmeuse Amala Landré donne une profondeur à un personnage qui paraît, parfois, un peu surnuméraire. En effet les relations qu’elle nourrit avec Achab sont vite comprises, on en dit presque trop. La mise en scène de Erwan Daouphars plonge le spectateur dans une ambiance marine avant même que le spectacle n’ait débuté. Utilisant de manière intelligente un décor sobre, composé entre autres de deux miroirs, il parvient sans peine à nous faire entrer dans la folie du capitaine, habité avec force par Jonathan Kerr. Enfin, même si nous l’avons déjà évoqué, le trio musical participe de la réussite de cette lecture personnelle du roman, du mythe, jusqu’à ce que Achab finisse dévoré par les cordes de la harpe, figurant la gueule immense de Moby Dick.

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