Recherchez

Critique : Spamalot

Le lundi 22 février 2010 à 12 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Théâtre Comédia - 4 Boulevard de Strasbourg - 75010 Paris
Dates : Du 5 février au 10 avril 2010
Horaires : Du mardi au vendredi à 20h30, le samedi à 17h et 21h, le dimanche à 17h
Tarifs : De 17€ à 67€
Informations supplémentaires : Réservation : 01 42 38 22 22

Spamalot2Livret original de : Eric Idle
Compositeur de la musique originale : John Du Prez

Adaptation et mise en scène : P-F Martin- Laval
Direction musicale : Matthieu Gonet
Chorégraphie : Stéphane Jarny
Coach vocal : Jasmine Roy
Lumière : Régis Vigneron
Avec : Pierre-François Martin-Laval (Arthur), Gaëlle Pinheiro (La Dame Du Lac), Olivier Denizet (Robin), Philippe Vieux (Lancelot), Grégoire Bonnet (Bedevere), Arnaud Ducret (Galahad), Andy Cocq (Patsy), Laurent Paolini (Prince Herbert), Edouard Thiebaut , Tiffanie Jamesse, Arnaud Denissel, Sophie Gemin.

Spamalot, c’est pas de la camelote !

Si vous aimez l’humour anglais décalé et absurde des Monty Python ou celui bien-de-chez-nous de Kaamelott, la série de M6, vous adorerez Spamalot. Il s’agit de l’adaptation musicale du film Sacré Graal ! (1975) par Eric Idle, membre des Monthy Python lui-même, parodiant la légende du roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde. Le show a reçu le Tony du meilleur spectacle musical en 2005 et il est resté à l’affiche sur Broadway pendant 4 ans. La version française revendique clairement sa filiation avec ce succès newyorkais en raison des décors et des costumes somptueux, d’un orchestre live d’une dizaine de musiciens, d’une troupe nombreuse et de sa star issue de la troupe des Robins des Bois, Pierre-François Martin-Laval, dit Pef. Ce dernier est aussi l’auteur de l’adaptation française en plein dans son registre de prédilection, la cape et l’épée.

Certes, Spamalot est loin d’être un chef d’œuvre : l’intrigue autour de la quête du graal est un prétexte à des épisodes excali-burlesques à la pelle et, sans doute, aucune de ses chansons ne marquera l’histoire de la comédie musicale. Sans prétention artistique, Spamalot est avant tout un divertissement au sens premier du terme et, de fait, on rit beaucoup des gags à grosse ficelle, des situations absurdes et des personnages caricaturaux à l’extrême. Il faut ajouter à cela la magie de la scène, l’univers médiéval cartoonesque fort bien restitué et dynamisé par des effets spéciaux surprenants et drôles. Les nombreux tableaux d’ensemble font leur effet, ne déclenchant pas tous les frissons de Broadway, mais restent forts impressionnants. La troupe est brillante en tout point, sans faute de casting, c’est suffisamment rare pour être mentionné. Il faut citer Gaëlle Pinheiro qui révèle tout son potentiel comme Dame du Lac mi-bienveillante, mi-révoltée, aussi crédible que son équivalent dans le show original (Sara Ramirez, Tony du meilleur second rôle), ainsi qu’Arnaud Ducret et Andy Cocq, excellents comiques et chanteurs. Enfin, il y a Pef, pour qui le roi Arthur est un rôle sur-mesure. Chanteur amateur, il tient sa partition plus qu’honorablement et rattrape ses lacunes vocales par la tête de l’emploi. On le sent parfois réservé, voire intimidé. Aurait-il le trac ou un complexe vocal ? Ou bien est-ce un parti pris de mise en scène, le roi Arthur se laissant souvent déborder par les événements ? Quoiqu’il en soit, Pef n’a aucun complexe à avoir car son projet et sa prestation sont admirables. Il ne manque pas grand-chose pour que, comme le dit la publicité, le Spamalot français soit un spectacle digne de Broadway.

Alors que manque-t-il exactement ? La quête de la perfection, le graal de Broadway. Si l’adaptation du livret est bien réalisée, les chansons, elles, manquent de charme et de surprise, tant dans le fond que dans la prosodie. On rit beaucoup durant les parties jouées mais finalement trop peu durant les parties musicales. En fait, on ne perçoit pas toujours distinctement les paroles, signe que l’adaptation est difficile à chanter. D’autre part, certains moments forts de la pièce originale perdent de leur pertinence. A titre d’exemple, la version américaine débute par un joyeux tableau en Finlande, complètement hors sujet puisque les artistes sont supposés avoir confondu England et Finland, aux sonorités très proches. La transposition en Bretagne au lieu de Grande-Bretagne provoque un décalage moins flagrant du fait des origines celtes communes aux deux régions, à tel point que l’on peut même se demander si un public non averti peut comprendre l’ironie de cette scène. De même, au deuxième acte, le Sir Robin de la version originale déclare qu’un show ne peut réussir sur Broadway sans un juif, trait d’humour éminemment culturel newyorkais, hilarant sur Broadway mais intraduisible de façon littérale à Paris. Le juif a donc été remplacé par un tube, ce qui n’est pas une mauvaise idée en soi, mais alors, pourquoi avoir conservé le tableau de danses traditionnelles que l’on croirait sorti tout droit du Violon sur le toit et qui perd ici tout son sens ?

Comme le dit la chanson, il faut regarder le bon côté des choses [NDLR : « Always look at the bright side of life », une chanson phare de Spamalot tirée de La Vie de Brian où elle est reprise en cœur par les brigands condamnés à mourir sur la croix]. Au fond, ce Spamalot français remplit son contrat, celui de nous divertir sans plus de prétention. Nous lui souhaitons le succès populaire qu’il mérite.

—–
Acheter sa place sur Ticketac
Acheter le DVD de Sacré Graal sur Amazon
Acheter le CD du cast original Broadway de Spamalot

Articles liés :

La comédie musicale Il était une fois... Joe Dassin se dévoile
Frankenstein Junior (Critique)
Stage Chansons Z’à jouer avec Jasmine Roy
Stages Comédies musicales au Studio International Vanina Mareschal - Vacances de la Toussaint
Saturday Night Fever… Regard en Coulisse vous révèle le casting intégral !
Broadway on Park à Montréal

Partager cet article

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • MySpace
  • RSS
  • Twitter
Tags : , , , , , , , , , , , , , , ,

3 commentaires
Laisser un commentaire »

  1. REJOUISSANT !
    Je craignais le pire. S’emparer de l’humour anglais des Monty Python, et adapter la géniale comédie musicale de Broadway couverte de récompenses est un paris très risqué. Enfin le dernier film de Pef, metteur en scène du spectacle, était sympathique avec de bons moments, mais pas une réussite totale.
    Premier bon point, le Concordia est une belle et bonne salle.
    Deuxième point, très vite on s’aperçoit que la production n’a pas lésiné : beaux décors, vrai orchestre, une dizaine de chevaux sur scène, une vingtaine d’artistes sur scène qui font le show.
    Ensuite, l’adaptation en français est excellente. Il fallait transcrire l’humour british, le nonsense des M. Python et l’esprit « musical ». Certes c’est parfois bien en dessous de la ceinture, mais c’est bien trouvé et très drôle. Cette bande de valeureux (!) chevaliers de la Table basse n’en ratent pas une pour notre plus grand plaisir.
    C’est donc rythmé, efficace.
    Bravo à la production, à Pef et à l’équipe pour ce boulot (à l’américaine) qui est des meilleurs spectacles musicaux actuels.

  2. J’ai vu la représentation de 17h aujourd’hui, j’avoue que j’avais des appréhensions car je m’attendais à voir un mélange entre les robins des bois et monthy python.
    Même si je connaissait la plupart des gag à l’avance, les chansons étaient sympa et entrainantes, la dame du lac avait de super seins, ca m’a bien fait plaisir de retrouver certaines chansons comme celle du sir Robin et même Always look at the brige side of life.
    Le 2ème acte m’a bien plu, il manque certaines scènes cultes mais on a quand même des bonus inédits comparé au film, ce n’était pas parfait mais vu le prix qui est tout à fait accessible c’est vraiment de bonne qualité.
    Par contre petit regret sur la scène du pont de la mort qui a un gros potentiel, ca aurait pu être mieux réalisée et je regrette vraiment que la scène du château de vulve ait était censuré 🙂
    Je voulais absolument chanter la chanson de la fin mais personne dans le public le faisait donc si vous y allez le voir chantez!

  3. Je m’attendais à pire, mais on est tout de même bien loin du film original. Histoire massacrée, scènes sautées, chansons plus ennuyeuses qu’autre chose… Reste une poignée de gags qui fonctionnent, y compris dans ceux ajoutés pour l’occasion, mais rien qui rende vraiment hommage aux Monty Python.

Laisser un commentaire